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Vive LaRedPublique !!!

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Les Rois Mages sont-ils aussi ou plus dangereux que Saint Nicolas (alias Santa Claus) et le Père Noël à la fois?

Of course se sont trois personnages qui offrent des produits non conforme aux normes de la UE, en plus il se baladent sans papiers ni domicile fixe avec une origine incertaine...

Faut-il donc plus de preuves pour affirmer qu'ils nuisent à la bonne éducation de nos enfants. Sonriente

05/01/2007 19:02 Enlace permanente. Tema: Le Moqueur déchaîné No hay comentarios. Comentar.

Quand le cours des choses est une dérive.

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Vendredi 07 Juillet 2006
Quand le cours des choses est une dérive.

 

Dans les quelques deux cents pages d’Entre les murs*, François Bégaudeau raconte la vie d’un collège, entre désabusement, désillusion et humour.

 

François Begaudeau nous transporte dans un collège du XIXe arrondissement de Paris. Dans cet univers clos, où les professeurs survivent en espérant les prochaines vacances scolaires, et où les élèves ânonnent le français entre deux renvois de cours, le lecteur rit spontanément sur un thème bien sérieux: l’école. Mais si notre regard suit un professeur désenchanté, qui malgré tout parvient bon an mal an à dire la loi, le lecteur pressent avec angoisse ou sourde préoccupation, que l’institution d’enseignement n’a peut-être plus rien à voir avec l’enseignement, et chaque fois moins avec le pouvoir d’une institution. Professeurs découragés aux discours obsessionnels, chérubins en errance bloqués par leur analphabétisme et leurs réactions tribales, proviseur désabusé au langage du pédagogisme moderne, le navire Education Nationale prend l’eau et sombre, lentement, devant un lecteur qui se demande si l’humour ne cache pas les prémisses d’un désastre. Les situations virent au grotesque et pourtant, elles font le quotidien d’hommes et de femmes, qui à la place de faire leur métier, cherchent à gagner du temps, à se soustraire à une insupportable pression.

Lucide, Begaudeau fait signe vers l’impossibilité de la communication entre les acteurs du collège : la langue n’est plus guère maîtrisée par personne. Les élèves l’entendent, mais n’en connaissent pas les expressions élémentaires ; quant aux enseignants, certains personnages du livre sont proprement inquiétants lorsqu’on considère la platitude de leurs échanges langagiers. Comment alors enseigner si se comprendre relève de la gageure ? Comment, simplement, faire lire et écrire, si un élève interroge le professeur pour savoir si « leur » est bien un verbe ? Comment faire comprendre à deux élèves, qui se retirent du Conseil d’Administration, à cause d’un fou rire prolongé, que dire qu’elles se sont comportées comme des pétasses, est la formulation d’une analogie, et non une infâme insulte mettant en cause l’identité de leur « moi »? Elles se plaindront d’ailleurs d’avoir été « insultées de pétasses ». Dans un sublime effort, l’explication du professeur tentera de distinguer l’usage des verbes « insulter », « traiter de », que les deux jeunes filles ignorent complètement. Peine perdue. Mission impossible. Ces adolescentes se sentiront blessées dans leur dignité, alerteront le Conseiller d’Education sur les mauvais traitements infligés.

François Begaudeau dresse un bilan en établissant des faits. Sans analyse, la visée est descriptive, l’élan est positiviste. Malgré cette volonté d’objectivité, se dégage de son écriture un bien étrange sentiment de « spleen » et de pesante mélancolie. Elèves et professeurs, emportés par la fatalité, parviendront à la fin de l’année, c'est-à-dire aux vacances, objectif essentiel de survie, échappant pour deux mois, aux contraintes d’une école dont le but n’est plus qu’une socialisation sans ambition, encadrée par des discours figés, réduite au dénuement du simple fonctionnement. Sans l’avouer, Begaudeau fait porter la responsabilité de l’échec à toutes les strates composant notre école. Ballotté entre les incivilités des élèves, leur exclusion régulière, les problèmes de photocopieuse, les réunions stériles ou parodie de communication, les discours pompeux de piètre façade, les souffrances de l’heure de cours et la typologie parfois schématique des personnages, le lecteur ne boudera point son plaisir, mais ne pourra éviter une tristesse discrète, nostalgie implicite de ceux qui se faisaient une autre idée de l’école républicaine.

 

BRUNO GUITTON

 

*François Begaudeau, Entre les Murs, Editions Verticales, 2006.Llorando

30/01/2007 20:27 Autor: X. Luis PIÑEIRO. Enlace permanente. Tema: Bad &Good Education No hay comentarios. Comentar.




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